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LE FEMININ SACRE

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1 LE FEMININ SACRE le Sam 05 Jan 2013, 23:39

De Bodhiyuga,


Le Féminin sacré


   Créé le 20 mars 2012

Au cours de l’histoire de l’Humanité, force est de constater que l’intellect a pris le contrôle sur la sensibilité. Le masculin a réprimé le féminin. Même les mythes sacrés de nos traditions ont été mal interprétés pour servir les intérêts d’un "masculin" avide de pouvoir et de domination. La volonté de contrôle a étouffé le ressenti, l’intuition et la sensibilité. Le mental-masculin a voulu dominer l’émotionnel-féminin par peur de perdre le contrôle et pour assurer son hégémonie. L’être humain déconnecté de son centre intérieur a étouffé sa polarité féminine. Notre société actuelle, avec tous les problèmes qui la sclérosent, est le reflet de ce déséquilibre des polarités à l’intérieur de l’être humain. En effet, toutes les formes de disharmonie vécues par notre Humanité actuellement ont pour cause profonde cette incapacité à réunifier les opposés complémentaires en l’être humain.

Les deux impulsions primordiales du Masculin sacré et du Féminin sacré doivent œuvrer de concert pour la manifestation du Plan divin en ce monde. Si, sur le plan physique, l’homme a besoin de la femme pour procréer, sur le plan intérieur, le masculin a besoin du féminin également. La nature électrique des pensées a besoin de la nature magnétique des émotions pour activer la puissance créatrice. Le Père a besoin de la Mère pour engendrer le Fils. L’Esprit a besoin de l’Âme. La Volonté a besoin de l’Amour. Purusha a besoin de Prakriti. L’Essence a besoin de la Substance. Yang a besoin de Yin. Adam a besoin d’Ève. Les polarités sont complémentaires, et l’une ne peut exister sans l’autre.

Le Féminin sacré en l’être humain, c’est cette Conscience pure ou Conscience-coupe qui est le champ de Présence matriciel à l’intérieur duquel baigne le Créé, et qui en interpénètre chaque parcelle. C’est la Substance même de l’Âme qui est, selon moi, l’énergie d’Amour-Force inconditionnelle, le Saint-Esprit.

Au niveau du corps physique, le siège de l’Âme (et donc du Féminin sacré) est le plexus uro-génital, localisé dans le bas-ventre. C’est le Hara, dont nous avons déjà abondamment parlé. Chez la femme, l’organe qui lui est associé est l’utérus, dont la forme concorde si parfaitement avec cette idée de "coupe" destinée à recevoir la semence et à donner la vie. Cela transparaît de manière évidente sur cette représentation anatomique (cf. poche utérine) :

                               

Il est intéressant de noter que les Grecs avaient coutume d’associer symboliquement le  v ase à la matrice de la Création, soit au Féminin sacré. Je pense que ce n’est donc pas un hasard si l’utérus est également appelé "matrice". En tant que   v ase, coupe ou "calice", c’est l’utérus que pourrait également symboliser le légendaire Saint Graal. Selon cette hypothèse, celui-ci serait le symbole du Féminin sacré que l’être humain a perdu et qu’il cherche désespérément à l’extérieur de lui-même, comme cet objet à la valeur inestimable assurant l’immortalité à celui qui en boirait la "substance". Les mythes et légendes renferment toujours leur part de vérités initiatiques. Celui qui retrouve le Saint Graal atteint l’immortalité, car il se reconnecte à son centre intérieur. Retrouver le Saint Graal perdu, c’est se réapproprier le Féminin sacré en soi-même ; c’est se reconnecter à son centre intérieur et orienter le pouvoir créateur à partir de lui. L’être humain déconnecté de ce centre ne peut qu’"enfanter dans la douleur", c’est-à-dire orienter son pouvoir créateur en étant identifié aux impulsions de sa nature inférieure.

Nous pouvons également trouver une correspondance dans l’alchimie, où l’athanor, en tant que matrice de la création, remplit les fonctions de l’utérus de la femme : la gestation et la nourriture. Ce n’est donc pas sans raison que j’associe le Hara au fourneau des alchimistes. Quant à la pierre philosophale à laquelle est attribué (entre autres) le pouvoir de guérir les maladies, de prolonger la vie et de transmuter symboliquement l’Ombre (le plomb) en Lumière (l’or), elle est selon moi l’énergie christique d’Amour-Force inconditionnelle, puissance alchimique qui transmute, harmonise, assure la cohésion et offre l’abondance à l’individu qui a appris à la laisser jaillir de son centre.

En tant que matrice de la création, le Féminin sacré pourrait également correspondre aux Eaux primordiales de la Genèse, que Dieu sépara en Eaux supérieures et en Eaux inférieures. Celles-ci pourraient représenter l’ensemble des potentialités de manifestations, dans leurs aspects informels et formels. Le Féminin sacré contiendrait donc, dans son infinité, autant le Créé que l’Incréé. C’est ce Principe que le Sâmkhya a nommé Prakriti et que l’on pourrait aussi appeler la "Nature". Son Principe complémentaire, Purusha, en détermine les possibilités de réalisation.

Toutes les possibilités de réalisation sont contenues dans le Féminin sacré, et ce n’est que par le Principe de Volonté qu’elles deviennent une réalité tangible. Cette réalisation peut être symboliquement représentée par l’épanouissement d’une fleur à la surface des "Eaux". Avant son éclosion, sa création est maintenue à l’état de potentiel à l’intérieur d’une enveloppe dont le nom – calice – ne lui a certainement pas été donné sans raison, et dont l’image n’est pas sans rappeler l’Œuf cosmique, ou Bindu : point central à l’intérieur duquel les deux impulsions primordiales complémentaires demeurent en état de parfait équilibre mutuel, totalement indécelables. Ce point central contient en lui le germe de tous les possibles à l’état de latence, ou de gestation. Si la création (la fleur dans notre exemple) devait retourner à sa forme originelle non-manifestée, les impulsions primordiales resteraient intactes et donneraient finalement forme à une autre création. Ce mouvement perpétuel sans commencement ni fin est admirablement représenté par le symbole taoïste bien connu du Yin et du Yang (le Taijitu)




La floraison complète de la fleur représente l’accomplissement spirituel et le retour au Principe divin symbolisé par le centre. Et ce n’est évidemment pas le fruit du hasard non plus si c’est une rose à six pétales qui symbolise le centre du labyrinthe de la cathédrale de Chartres (figure 1) dont l’équivalent en Orient, le lotus à six pétales, est traditionnellement lié au deuxième chakraSwadhisthana.

Reconquérir le Féminin sacré en soi-même passe par la Présence au corps et notamment au bas-ventre, qui est ce centre intérieur de l’incarnation. Celui qui fait l’expérience du Hara est pleinement présent à l’incarnation et à tous les phénomènes qui s’y manifestent. La conscience de veille change son regard sur les manifestations qu’elle perçoit, sans les déformer au travers du filtre de ses conditionnements négatifs. Elle accueille inconditionnellement les émotions et les états d’âme sans jugement, sans répression. La nature inférieure n’est plus le seul maître à bord. L’Âme reprend possession de son véhicule de manifestation et avec elle le Féminin sacré retrouve la place qui lui revient.

C’est l’incapacité à accueillir les différentes facettes de la personnalité (ou de ne les accueillir que sous certaines conditions) qui a meurtri le Féminin sacré en l’être humain. En le reniant, ce dernier a créé un profond déséquilibre en lui-même. La nature inférieure s’est nourrie de cette non-acceptation et de la volonté de contrôle qui lui est associée. L’être humain, dominé par son mental, a créé une opposition entre le bien et le mal, la lumière et l’ombre, le masculin et le féminin, alors qu’il aurait dû les unifier en lui-même pour atteindre sa complétude. En reniant une part de lui-même, l’être humain a créé un monstre : la nature inférieure. Elle a été alimentée par le rejet de tout ce qui ne permet pas à l’individu d’obtenir de l’amour. L’Ombre est devenue le bouc émissaire responsable de toutes les souffrances et de tous les maux. Entre parenthèses, il est très intéressant de constater que, en prenant en compte les trompes de Fallope sur la représentation de l’utérus, nous pouvons y voir aisément une tête de bouc ou de taureau. Cela est parlant à plus d’un titre si l’on se réfère aux récits bibliques et à la mythologie grecque. Dans l’Ancien Testament par exemple, il est fait mention des sacrifices rituels des boucs. Périodiquement, ces animaux étaient sacrifiés sur l’autel des holocaustes devant le Temple de Salomon, offerts à l’Éternel (Yahvé) en signe d’expiation des péchés, et les autres étaient expulsés dans le désert, portant sur leur tête le lourd fardeau de tous les méfaits, les crimes, les péchés et les offenses du peuple. Ces boucs étaient les émissaires envoyés en pâture à Satan, le serpent du Mal, pour l’occuper et détourner son attention du peuple. Malheureusement, le mal dont l’être humain a cherché à se débarrasser s’est renforcé en lui-même. Le bouc, symbole du Féminin sacré est devenu la bête à corne : le "diable". Dans la mythologie grecque, l’ombre intérieure est personnifiée par le Minotaure, cette créature hybride à la tête de taureau et au corps d’homme (cf. article Vaincre l'ombre en soi).

Ainsi, si l’être humain veut accéder au Royaume de Dieu, il doit reconquérir le Féminin sacré en lui-même. Autrement dit, il doit retrouver cette capacité à accueillir inconditionnellement, tant l’Ombre que la Lumière en lui-même. Il doit transcender la dualité en l’observant depuis l’espace d’Unité qui est la Conscience pure. Il doit réapprendre à accepter et à aimer inconditionnellement tout ce qu’il porte en lui. Il doit apprendre à s’ouvrir à nouveau à ses ressentis, même et surtout à ceux qui proviennent de l’identification à certaines facettes peu reluisantes de lui-même qu’il aurait tendance à occulter pour ne pas détériorer l’image qu’il se fait de lui-même, et auxquelles il donne pourtant le pouvoir de définir sa valeur et son identité personnelle. Il doit descendre au niveau de ses entrailles et habiter pleinement son corps, se connecter à son centre intérieur qui le met en relation avec sa Véritable nature, celle qui n’est déterminée par aucune croyance ou mémoire à son sujet, mais qui se suffit à elle-même, puisqu’elle est déjà "parfaite".

Tout cela n’est possible que grâce au retour du Féminin sacré. Ce n’est qu’en lui redonnant la place qui est la sienne que l’être humain peut être libéré des ténèbres dans lesquels il s’est engouffré.

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