INTERPRÉTATION DES RÊVES et ÉVEIL SPIRITUEL

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S'ACCUEILLIR FACE A L'AUTRE

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1 S'ACCUEILLIR FACE A L'AUTRE le Sam 05 Jan 2013, 20:57


S'accueillir face à l'autre
de Bodhiyuga



Créé le 2 septembre 2012

Si vous souhaitez vous rapprocher de votre Vraie nature et en faire l’expérience dans votre vie de tous les jours, il vous sera difficile de contourner le défi que représente le lâcher-prise dans vos relations avec les autres. Grâce aux différentes interactions auxquelles elles vous exposent, les relations humaines sont l’atelier d’évolution privilégié de votre pratique spirituelle quotidienne. À moins que vous viviez reclus dans une grotte ou que vous meniez une vie ascétique à distance de vos congénères, il ne vous est pas possible de vous y soustraire dans votre vie quotidienne. Et c’est très bien ainsi, car elles vous donnent l’opportunité de mettre en lumière les facettes qui ne sont pas encore pleinement acceptées et aimées.

S’il devient relativement facile, avec un peu d’entraînement, d’accueillir les facettes ombrageuses lorsqu’on est seul face à soi-même, il en va tout autrement quand on est directement exposé au regard de l’autre. Face à l’autre, une résistance intérieure colossale se dresse soudainement entre la volonté de lâcher-prise et la réalité du moment présent. Cette résistance rend le lâcher-prise d’autant plus difficile qu’elle s’origine dans un passé lointain, et qu’elle est profondément ancrée au sein de la psyché humaine, dans une zone floue qu’il est difficile de pénétrer sans s’exposer à la peur de mourir. Cette zone est celle de l’ombre en soi, de l’anti-amour et, par conséquent, de l’illusion. C’est l’endroit de la souffrance primordiale, à l’intérieur duquel tout ce qui s’oppose à la Lumière puise sa force de subsistance. C’est le Principe de l’ombre qui suit chaque forme de conscience depuis la naissance de son individualité. Pour représenter ce Principe de l’ombre individualisée en l’être humain, j’ai évoqué précédemment le "gardien du seuil" (voir article Vaincre l'ombre en soi). Cette expression est particulièrement explicite pour comprendre la nature même de ce Principe. Le "seuil" dénote l’idée d’une porte, d’un passage qui permet de quitter une dimension pour une autre. Passer cette porte, c’est accéder à un autre niveau de conscience et devenir libre, c’est retrouver sa propre Lumière. Mais, avant de pouvoir entrer dans la nouvelle dimension qui symbolise l’éveil spirituel, et ainsi regagner la liberté intérieure, il faut affronter la sentinelle qui en garde l’entrée. Pour être en mesure de la "vaincre", il faut déjà être capable de la reconnaître lorsqu’elle est à l’œuvre en soi-même. C’est seulement après l’avoir débusquée au sein de la psyché que l’on peut s’armer du lâcher-prise pour lui faire face et la transcender en l’intégrant en soi-même.

Avant de continuer à développer ce sujet, intéressons-nous à nouveau à l’origine de ce Principe qu’est l’ombre intérieure, à sa nature et à la raison de son emprise sur la psyché humaine. Pour cela, il est nécessaire de remonter à la naissance de l’Âme individualisée. Lors de son individuation, l’Âme devient un microcosme à l’image du macrocosme. En utilisant une métaphore, je pourrais dire que c’est l’océan infini qui devient goutte d’eau à l’intérieur de lui-même. Cette naissance de la forme individualisée s’accompagne de l’illusoire impression de séparation de l’océan infini, comme si la goutte d’eau avait soudainement l’impression d’exister séparément de la matrice dont elle puise sa substance, alors qu’elle continue pourtant de baigner en son sein. Si la goutte d’eau est toujours composée de la même substance que l’océan infini, elle doit désormais composer avec cette illusion de séparation éprouvée depuis l’instant même de sa création (son individuation). Pour transposer cette métaphore à l’ordre de réalité qui nous intéresse, disons que l’Âme individualisée n’a jamais cessé d’être autre chose que la Lumière, mais qu’elle porte dorénavant en elle une ombre qui n’est qu’une simple impression de ne pas être cette Lumière. Cette ombre est un mirage, un leurre, une illusion, mais qui existe néanmoins par le seul fait d’avoir été éprouvée par la conscience au moment où elle s’est sentie "chassée" de sa demeure d’origine (l’océan infini de la métaphore). Si l’ombre n’est pas réelle (ce serait le comble pour une illusion…), elle existe néanmoins au travers de la mémoire de cette impression d’une séparation. Celle-ci a laissé une trace, une empreinte au sein de la conscience, qui jamais plus ne s’effacera. Elle sera toujours présente en tant que potentiel d’anti-Lumière, d’anti-Amour. Elle sera cette illusion originelle, toujours intrinsèquement liée à l’individualité, suivant cette dernière comme une… ombre ! En fait, tant que la Lumière sera rayonnée à partir du Principe divin, l’ombre perdurera, car la présence de l’une est liée à celle de l’autre[1]. S’il n’est pas possible de la détruire étant donné qu’elle n’est pas réelle, il est possible, en revanche, de s’en désidentifier et de la vider de la "substance" qui lui donne sa force d’influence sur l’individualité. C’est précisément cela que le lâcher-prise permet d’accomplir en soi-même. Il est la voie de réalisation du caractère illusoire de l’impression de séparation de l’énergie d’Amour-Force. Il permet une libération du féminin perverti qui, en retrouvant sa Lumière, redevient le Féminin sacré.

bodhiyuga foetus

En établissant un parallèle entre la création de l’Âme individuelle et son incarnation au sein d’un véhicule de chair, il est possible de comprendre l’influence de la nature inférieure sur la psyché humaine. Le bébé, lorsqu’il est encore au stade de fœtus dans le ventre de sa mère, vit à l’intérieur d’une "matrice" où il se sent en unité avec son environnement. Il est juste de penser qu’il se sent fusionné au Féminin sacré et qu’il vit par conséquent dans un état d’éveil spirituel. Au moment de la naissance, le nouveau-né va revivre l’impression de séparation et la souffrance qui l’accompagne. Il doit quitter le milieu sécurisant et nourricier du ventre de la "Mère" pour exister par lui-même. Cette séparation du corps de la mère sera définitivement manifestée par la coupure du cordon ombilical. Cette expérience de la naissance à l’incarnation équivaut à une mort du précédent état de conscience. Le nouveau-né se sent désormais coupé de la "matrice" aimante et protectrice du Féminin sacré incarné par le ventre de la mère. La souffrance originelle vécue par l’Âme au moment de son individuation est donc ravivée au moment de la naissance à l’incarnation. Elle se cristallise alors au fond de la psyché en la croyance que la source de l’Amour est désormais à l’extérieur. En ce lieu de projection de l’illusion originelle que j’appelle la nature inférieure, existe la croyance qu’il est impossible d’y trouver l’Amour. Le "péché originel" dont parle la Bible en est la parfaite expression. Il traduit l’idée qu’une faute est à l’origine de la séparation du Royaume de Dieu, autrement dit du Féminin sacré. L’expérience de la naissance est une souffrance immense pour le petit être qui vient de s’incarner. Elle est vécue comme un déchirement, un rejet, une punition. Qu’a-t-il donc bien pu faire pour se retrouver ainsi privé de l’Amour matriciel ? Il ne peut que se sentir misérable, indigne, coupable et imparfait dans cette incarnation qu’il assimile à une prison dans laquelle il a été jeté pour un "châtiment" dont il ignore la cause. Qui plus est, ce traumatisme risque d’être renforcé si le nouveau-né est accueilli dans l’environnement hostile d’une salle d’hôpital austère et froide, par des parents eux-mêmes en souffrance, par un personnel stressé, enfermé dans une routine robotisée, et s’il n’a vraiment pas de chance, par une cruelle claque sur les fesses pour couronner le tout[2] !

Avec la formation du corps mental au cours des premières années de la vie, cette illusion originelle va progressivement imprégner la conscience de veille et influencer l’image que le jeune enfant se fera de lui-même et du monde. Les expériences qui permettront à cette illusion de remonter à la surface seront déterminées par le karma résiduel que l’Âme porte encore en elle, et qu’elle aura choisi de manifester dans sa nouvelle incarnation. Certaines blessures anciennes vont ainsi être réactualisées et alimenter l’endroit de la souffrance vécue au moment de la naissance. Ainsi, dans les premières années de la vie, l’enfant va revivre une partie de son karma et s’identifier à la croyance qu’il ne peut être aimé par le monde extérieur dans certaines circonstances où l’ "autre" lui fait comprendre qu’il n’en est pas digne. À chaque fois qu’il sera à nouveau confronté à ce "rejet" extérieur, il va recontacter cette zone de l’anti-amour en lui-même et en revivre la souffrance. C’est à cet endroit qu’il se retrouvera chaque fois qu’il sera jugé négativement, réprimé, rabroué, blâmé, répudié, dénigré, critiqué, malmené, violenté, haï, brimé, bafoué, humilié. À chaque fois qu’il sera privé de l’amour du monde extérieur, il revivra le "péché originel" et s’identifiera à sa nature inférieure : "je suis coupable, je suis imparfait, je suis stupide, je suis laid, voilà pourquoi je ne suis pas digne d’être aimé, je suis mauvais, etc.".

Pour obtenir l’amour dont il a besoin et avoir une bonne image de lui-même, l’enfant va très vite comprendre quelles sont les attitudes, les comportements et les facettes qu’il doit cacher aux yeux des autres. Le monde extérieur – et l’autre plus particulièrement – devient l’objet de toutes les attentions, car c’est lui qui détient le pouvoir d’apporter l’Amour qui fait défaut à l’endroit de la blessure. Si l’enfant ne peut être aimé par l’autre lorsqu’il est dans sa vulnérabilité, il va donc faire en sorte de la cacher du mieux qu’il peut. À cette fin, il va mettre en place des mécanismes de défense[3] et porter des "masques" pour ne pas être vu dans ce qu’il perçoit et juge comme ses imperfections, ses défauts et ses faiblesses. Des comportements névrotiques vont peu à peu être adoptés pour éviter d’être pointé du doigt à l’endroit de la blessure. C’est ainsi que, année après année, de nombreux conditionnements aliénants vont prendre possession de la psyché. À l’âge adulte, l’enfant intérieur blessé continuera d’influencer la psyché, générant peurs et faux-besoins pour compenser le manque d’amour. Avec le temps, et selon l’ampleur des conditionnements, le stress intérieur vécu deviendra insoutenable et conduira à de nombreux troubles physiologiques et comportementaux. Ce seront-là les seules possibilités d’expression pour l’ensemble des facettes réprimées et refoulées de l’enfant intérieur blessé.

Même la quête spirituelle, aussi longtemps qu’elle est vécue à partir de l’illusion de séparation, peut être récupérée par l’enfant blessé et son besoin d’amour. L’individu va se servir de ses nouvelles connaissances ou de sa pseudo-maîtrise pour se montrer évolué, lumineux, dans le but d’obtenir l’admiration et le respect du monde extérieur, lui permettant ainsi de compenser ses manques intérieurs. Ce schéma est certes plus perfectionné, mais il n’est en réalité qu’un nouveau masque d’illusion destiné à occulter les facettes ombrageuses de la personnalité. Dans cette dynamique, l’individu cachera ce qui peut le dévaloriser et le décrédibiliser aux yeux de l’autre afin de ne pas s’exposer au risque d’être privé de son amour, son admiration, son respect, sa reconnaissance, son estime, etc.

"Ce n’est pas en regardant la lumière que l’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire." Carl Gustav Jung

Pour retrouver la Lumière, il est nécessaire de plonger au cœur de l’ombre afin de trancher le voile d’illusion qui s’y trouve. Il faut s’armer de courage et oser affronter le gardien du seuil, agrégat auto-conscient de toutes les blessures psychiques, hontes, humiliations, culpabilités, désamour et rejet de soi-même. Occulter l’ombre par peur de perdre l’amour de l’autre ne fait que générer davantage d’obscurité. Mais, il est si douloureux de descendre dans l’ombre, et si rassurant de continuer à se bercer d’illusion. Plonger au cœur de la blessure, c’est aussi accepter de se mettre à nu face à l’autre, de se montrer dans sa vulnérabilité et de s’exposer au risque de ne pas être aimé par lui. Cela demande un grand courage d’oser ôter le masque des faux-semblants pour montrer le vrai visage qu’il y a derrière, celui qui est peut-être hideux, impur, immoral, dégradant, dévalorisant, dégoûtant. C’est affronter la peur de mourir, de perdre, de manquer, d’être insignifiant, d’être nul, d’être rien, de ne plus exister. L’enfant blessé ne veut pas s’abandonner, car il croit qu’il perdra toute chance d’obtenir l’amour qui lui fait défaut s’il se dévoile. C’est au cœur de la blessure qu’il faut pourtant descendre pour y retrouver sa propre Lumière, l’Amour perdu. C’est en franchissant le "seuil" que l’on peut retrouver les contrées verdoyantes de sa Vraie nature. Sans ce grand lâcher-prise, l’amour recherché ne sera toujours qu’un pâle reflet de l’Amour véritable qui siège au centre de soi-même.

Il est nécessaire de permettre à l’enfant blessé de prendre conscience que l’Amour est déjà là en lui-même, derrière le voile d’illusion. Il s’agit de VOUS prendre par la main et de regarder sous les couches profondes des fausses croyances auxquelles vous vous êtes identifiées. Vous pouvez vous accompagner dans la traversée des marécages nauséabonds de toutes vos peurs les plus noires, terrifiantes, menaçantes. En ayant le courage de faire le grand saut au cœur même de la blessure primordiale, affrontant la peur de mourir "psychiquement", vous transcendez l’illusion de la séparation et vous prenez conscience que votre Lumière ne vous a jamais quittée, que la Force d’Amour n’a jamais été "extérieure" à vous, et qu’aucun "péché originel" n’a jamais été commis. En retrouvant la source de l’Amour en vous-même, vous vous libérez de l’inexpugnable forteresse à l’intérieur de laquelle vous vous étiez emmuré pour être sûr de ne pas être vu dans votre nudité.

Ce grand saut dans le vide, sans filet, il n’y a que vous qui puissiez le faire. Tôt ou tard vous serez placé devant l’inexorable nécessité d’y aller et de "lâcher", acceptant l’idée de ne plus revenir en arrière dans la sécurisante impression de naviguer en terrain connu. La Vie, dans son infinie sagesse, vous offre chaque jour de nouvelles opportunités de faire ce grand saut. Tant que vous ne les saisirez pas et que vous ne ferez pas cet effort de lâcher-prise, vous repousserez le rendez-vous des retrouvailles avec votre Âme-Lumière.

La nature inférieure redoute ce point de rencontre avec votre Vraie nature, car elle sait pertinemment que cela signifie la fin de son emprise sur votre personnalité. Pour cela, elle use de tous les subterfuges pour vous dissuader de faire ce grand saut, s’appuyant sur le nœud de la blessure originelle et sur l’armada des mémoires émotionnelles qui y prennent racines. Tant qu’elle parviendra à vous accrocher à sa volonté en se faisant passer pour "vous", vous trouverez toutes les raisons du monde de justifier la fuite et de vous contenter du sentiment rassurant de ne pas avoir été pris en flagrant délit dans le goulag de votre désamour personnel.

C’est face à l’autre qu’il faut pouvoir plonger au cœur du Sacré et s’accueillir dans sa vulnérabilité. Ce n’est pas en essayant d’échapper à la peur d’être privé de son amour que l’on peut faire l’expérience de l’Amour inconditionnel. Il est si facile de se voiler la face en s’accrochant à l’illusoire impression que tout va bien à la surface lorsqu’aucune ombre ne pointe le bout de son nez à l’horizon. Il est si facile de se laisser porter par l’énergie des conditionnements et d’emprunter, encore et encore, les mêmes chemins d’inconscience. Les chemins de traverse bien balisés, par lesquelles on sait que l’on peut passer sans que nos ombres soient perçues, nous apportent un sentiment sécurisant à la surface, mais en profondeur, la peur de ne pas être aimé fait rage et nous ronge à petit feu. On peut continuer de se bercer d’illusion tout en restant bien confortablement assis sur la partie émergée de l’iceberg, mais sous le seuil de la conscience, l’Âme subit les soubresauts de la répression et du refoulement. La respiration se bloque, le corps se raidit, il se ferme à l’Amour, au Souffle de Vie. La circulation des fluides éthériques est entravée par la cristallisation des émotions non accueillies, et l’harmonie cède la place au déséquilibre et au chaos.

Les corps physique et émotionnel ne mentent jamais. En sondant votre état d’âme et en observant ce qui se passe dans votre corps, vous pouvez toujours "sentir" si vous êtes dans la vérité de l’accueil ou si vous fonctionnez à partir de vos mécanismes de défense. Avec un minimum de vigilance et d’honnêteté, vous pouvez savoir si vous vous mentez à vous-même en cachant certaines facettes pour ne pas courir le risque d’être privé de l’amour compensatoire de l’autre. Vous pouvez sentir la résistance à exprimer votre peur la plus profonde et à être vu au travers d’elle. Vous pouvez sentir la tension qu’elle induit en vous. Vous pouvez sentir l’énergie que vous déployez pour éviter de vous retrouver dans cette zone de désamour, usant de tous les artifices habituels. Vous pouvez sentir la fausse note que cela produit dans l’harmonique du moment présent. Vous pouvez sentir la fermeture du cœur et le manque de marge intérieure. Vous en ressentez le malaise, le manque de fluidité en vous-même. Ce ressenti qui ne trompe pas est le signe qu’une ou plusieurs mémoires de l’enfant blessé s’expriment au travers de l’émotionnel et du corps, et que vous avez par conséquent une opportunité de vous lancer corps et âme dans la voie du lâcher-prise.

Lorsque vous sentez que vous n’êtes pas aligné sur la vérité de l’instant en vous-même, et que vous reprenez par conséquent les chemins de vos conditionnements, vous devez rassembler la volonté, le courage et la force nécessaires pour enlever les masques et montrer le vrai visage qui se cache derrière les faux-semblants de la nature inférieure. Pour être en mesure de faire cette descente à l’endroit de la blessure de l’enfant intérieur, vous devez tout d’abord prendre conscience du jeu de dupe auquel vous vous livrez face à l’autre, et faire preuve de la volonté ferme de changer d’état de conscience. Sans cette volonté, le lâcher-prise sera impossible. Toutefois, avoir la volonté ne suffit pas, car encore faut-il pouvoir mobiliser suffisamment de force pour enrayer l’inertie des mécanismes de défense. Cela ne peut se faire si vous demeurez identifié aux faux-besoins de la nature inférieure. Il est donc nécessaire d’ôter de l’énergie à l’inertie de vos conditionnements si vous voulez pouvoir amorcer la descente au cœur de la Vérité. Tous ces mécanismes et conditionnements sont les expressions de la résistance déployée par l’enfant blessé qui refuse de "lâcher", puisque cela signifie qu’il s’expose au risque d’être privé d’amour et donc de souffrir.

Sachez que la nature inférieure n’a de pouvoir que lorsque vous vous identifiez à elle, que vous tentez de vous y opposer ou que vous l’occultez. Lorsque vous pénétrez sa vibration, que vous la ressentez et la décrivez sans jugement, le voile d’illusion se dissipe et la Lumière émerge d’elle-même depuis votre centre. Il faut pouvoir faire cela face à l’autre, car si vous refusez cette transparence, c’est que vous êtes encore et toujours influencé par la peur que l’amour vous échappe à nouveau, ravivant la souffrance de la séparation ressentie à la naissance.

Avant de voir comment vous pouvez, de manière très pratique, vivre ce lâcher-prise face à l’autre, je souhaite revenir brièvement sur la symbolique du labyrinthe, tel qu’il est illustré au chapitre 33. Souvenez-vous que le centre du labyrinthe correspond symboliquement au Hara, ce cœur vital situé au niveau du bas-ventre, juste en-dessous du nombril. Le Hara est la porte d’accès qui vous relie par analogie au Féminin sacré, au Royaume de Dieu en vous-même. Dans la mythologie grecque, c’est au centre de ce labyrinthe que se trouve le Minotaure, la bête à corne symbolisant l’illusion qu’il vous reste à transcender avant de pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Descendre dans le Hara et en ressentir pleinement la zone est un signal symbolique très fort : vous acceptez de descendre dans vos entrailles, à l’endroit de la blessure, pour vous retrouver au cœur de l’illusion, où paradoxalement il n’y a que Lumière. Il y a reconnexion avec la "matrice" de laquelle vous avez eu l’impression d’avoir été "chassé" au moment de votre naissance. En vous y maintenant, vous pouvez guérir le souvenir du "péché originel". Étant établi en votre centre, l’illusion se place à l’extérieur et ne vous affecte plus. Vous êtes l’Amour-Force, vous êtes le Royaume de Dieu, et les ombres qui vous entourent perdent leur pouvoir de voiler l’étincelle qui vous anime.

Vaincre le gardien du seuil et accéder au Royaume de Dieu, c’est vous rendre libre des causes profondes pouvant générer de la disharmonie dans votre vie. L’Âme-Lumière reprend les commandes de l’incarnation et y produit la vibration de l’Amour afin qu’elle puisse se manifester dans votre vie extérieure en tant que conséquence, sous la forme de l’abondance, l’harmonie, la fraternité, l’unité, l’équilibre, etc. Au contraire, tant qu’il existe une volonté de cacher ce que vous portez en vous, l’illusion perdure et vous vous fermez à l’Amour. Vous contrôlez "ce qui est" afin d’occulter une vérité profonde que vous avez peur de rendre visible aux yeux du monde extérieur. Par cette absence de transparence, l’énergie d’Amour ne peut circuler avec fluidité au travers de votre incarnation. La peur d’être vu à l’endroit de la blessure génère tensions et blocages et vous dépensez quantité d’énergie pour vous en maintenir à distance respectable. Vous vous servez d’un ensemble de mécanismes de défense et de névroses pour échapper au désamour, et ce chemin vous prive davantage encore de l’Amour véritable auquel vous aspirez. En effet, la vibration qui est la vôtre lorsque la peur est présente, même étouffée en arrière-plan du tohu-bohu mental, vous empêche d’attirer à vous des circonstances de vie harmonieuses.

C’est pourtant en descendant au cœur de l’illusion, là où vous pensez ne pas pouvoir être aimé, que vous pouvez trouver votre propre Lumière. Tant que vous cachez les blessures de l’enfant intérieur en vous parant des multiples masques de faux-semblants, vous tournez autour de votre centre. Vous continuez de fuir pour échapper à la peur d’affronter le gardien du seuil, et vous retardez par conséquent les retrouvailles avec votre Vraie nature. Affronter le gardien du seuil, c’est lâcher-prise, c’est abandonner votre dépendance à l’égard de l’amour émotionnel pour vous ouvrir à l’Amour-Force. Cette ouverture est l’acte de foi absolu car, par lui, vous vous en remettez avec une totale confiance[4] à l’Amour-Force. En vous abandonnant, vous lui donnez le pouvoir de vous apporter ce dont vous avez vraiment besoin pour vivre une vie pleine et entière. Vous renoncez à ce que ce soit l’amour émotionnel qui apporte la "nourriture" dont vous avez besoin à l’endroit de la blessure.

Soyez bien conscient qu’il n’y a pas de condition au lâcher-prise, à l’éveil spirituel. Si vous voulez vraiment triompher du gardien du seuil, vous devez être en mesure de le transcender dans toutes les situations de votre vie, pas seulement lorsque les implications ne sont pas trop importantes ou lourdes de conséquences. Cela signifie qu’il vous faut "oser" la transparence face à votre compagnon, votre supérieur, vos collègues de travail, vos voisins, vos beaux-parents, etc. Tant que vous refusez de saisir l’opportunité de témoigner de ce que vous ressentez face à l’autre, c’est le signe que le contrôle et la peur vous dominent, et que le "faux-moi" continue de vivre à partir de l’illusion d’être séparé de l’Amour véritable.

Lorsque vous témoignez de ce que vous pensez et ressentez vraiment, vous êtes aligné sur votre vérité intérieure. Vos relations ne sont plus perturbées par des ombres cachées. En les dévoilant, vous les mettez en lumière et en devenez libre. Il n’y a plus de mensonge et d’hypocrisie. Vous montrez votre vrai visage à l’autre. Ce que vous exprimez verbalement est en adéquation avec votre vibration intérieure. Il n’y a plus de trahison et d’intentions déguisées. Il n’y plus rien à prouver, plus rien à défendre, mais une volonté profonde d’être authentique, visible, vulnérable. Paradoxalement, c’est dans cette mise à nu que se trouve la véritable Force. Lorsque la peur de cacher disparaît, l’ombre se dissipe et l’Amour jaillit de votre centre.

Ce témoignage est une preuve d’humilité, de courage, de confiance et de force. Il est une confession par laquelle vous avouez ce que, jusque-là, vous considériez comme un "péché", quelque chose vous ayant fait revivre l’expérience de la blessure originelle. Vous vous étiez alors identifié à la croyance de ne pas pouvoir être aimé à cet endroit-là, et vous aviez décidé de l’oublier ou de l’enfermer à double tour dans les caves de l’inconscient. En vous confessant à l’autre, vous vous libérez de la croyance du "péché". C’est un acte de pardon envers vous-même. L’autre est mis dans la confidence et se sent ainsi respecté. Au-delà des réactions que pourrait avoir son enfant blessé à l’écoute de votre témoignage, son Âme ressent votre sincérité. Vous l’invitez ainsi à descendre et à vous rejoindre au cœur du Sacré, dans la vérité de l’instant... dans le Royaume de l’Amour-Force.

Lorsque vous vous trouvez face à autrui, portez un regard détaché sur ce que vous êtes en train de vivre intérieurement. Si vous vous sentez confronté, réactivé, que vous éprouvez de la peur ou quelque autre émotion négative que vous souhaitez "étouffer" pour ne pas être pris à défaut ou dévalorisé, reconnaissez pleinement cette vibration et ne la jugez pas ; c’est ce que vous ressentez, et c’est donc la vérité du moment présent. Il n’y a pas de "mal" à éprouver cette vibration. Il n’y a pas à juger, mais à reconnaître et à accueillir. Tout en prenant conscience des facettes de l’enfant blessé qui souhaite s’exprimer, descendez dans votre Hara, ressentez cette zone, et détendez votre corps afin que votre respiration puisse retrouver un rythme naturel et harmonieux. Ensuite, dans cet état de lâcher-prise "corporel", voyez si vous pouvez lâcher prise "psychiquement" en ôtant le masque du contrôle et de la répression. Voyez si vous osez dévoiler ce que vous souhaitiez cacher, par peur que votre sentiment de valeur personnelle ne s’en trouve dégradé. Bien sûr, il ne s’agit pas de parler à partir du mécanisme de défense, mais de décrire la blessure de l’enfant intérieur. Ne reprochez rien à l’autre, ne le culpabilisez pas, exprimez tout simplement la peur que vous ressentez en arrière-plan des mécanismes de défense. Utilisez le message en "je", en décrivant votre ressenti intérieur avec sincérité et transparence. Pendant que vous exprimez vos vérités intérieures, restez bien connecté à votre Hara, et maintenez-vous autant que possible dans un état de relâchement musculaire. Osez vous mettre à nu afin de dévoiler ces facettes de vous-même que vous jugez faibles, vulnérables, minables, coupables, manipulatrices, malveillantes, sournoises, etc. Ne vous cachez plus derrière le masque de la force, de la maîtrise, de la vertu ou du moralement "acceptable", si ce n’est pas la réalité intérieure que vous vibrez dans l’instant présent. Alignez vos paroles sur votre vibration intérieure. En d’autres termes, soyez VRAI !

Cela étant dit, agissez néanmoins au plus près de ce que vous pensez être juste, compte tenu des circonstances auxquelles vous êtes confronté. Les conditions de la perfection spirituelle s’appliquent pour le lâcher-prise également, bien entendu.

[1] Vous seriez en droit de vous demander : pourquoi est-ce que le Divin, tout Amour qu’Il est, a permis l’existence de l’ombre ? Une réponse possible serait d’imaginer que la Lumière a besoin de s’appuyer sur l’expérience de ce qu’elle n’est pas (l’ombre en l’occurrence) pour avoir conscience de ce qu’elle est.

[2] Les conditions d’accueil du nouveau-né devraient faire l’objet de la plus haute considération. Tout devrait être entrepris pour adoucir le plus possible ce choc immense qu’est le sentiment de séparation de l’Amour-Force éprouvé par le bébé au moment de la naissance. Les accouchements en milieu aquatique sont un merveilleux exemple de ce qu’il est possible de faire à ce niveau.

[3] Par mécanismes de défense, il faut comprendre toutes les réactions qui sont destinées à cacher l’endroit de la blessure, tout en cherchant à compenser le manque d’amour et à satisfaire les faux-besoins de l’enfant intérieur blessé. La manipulation, la colère, la jalousie, la critique, le mensonge, la comparaison, le jugement, la culpabilisation en sont des formes d’expression. Même l’identification au rôle de la victime en fait partie.

[4] Étymologiquement, le mot "foi" provient du latin "fides" et se rattache à une racine indo-européenne "bheidh", qui peut être traduite par "avoir confiance" (source : Wikipédia).


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